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Protection des bonsaïs d’extérieur contre le froid

17 octobre 2016 / no comments, on Non classé

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Les arbres d’extérieur sont des essences de climats tempérés.

Ils subissent les saisons.

L’hiver est la saison du refroidissement nocturne important et du risque de gelée. Nous savons que le sol et les végétaux perdent continuellement, de jour comme de nuit, de l’énergie sous forme de rayonnement. Cette déperdition sera limitée si nous protégeons nos arbres. De plus, l’amplitude entre le jour et la nuit sera d’autant limitée si la protection est une serre. Cela nous amène à dire qu’il ne faut pas que les bonsaïs en fin d’hiver démarrent trop vite, car les probabilités de froid après la fin de l’hiver sont encore importantes et d’autant plus destructrices. La protection hivernale est donc essentielle à un débourrement homogène du végétal.

En hiver, le but est de les protéger des écarts de température trop brusques et du gel.
Effectivement, le froid tue quand l’écart de température entre le jour et la nuit est très important.
Si la température descend doucement jour après jour, vos arbres vont s’adapter à ce rythme. Par contre, une brusque descente de température va engendrer des blessures physiques à l’arbre. Les fibres naturelles du bois se fragilisent vite au froid.

Du point de vue horticole, la protection contre le gel est liée au contenant.
Le contenant, c’est-à-dire le volume de terre dans le pot ou le récipient utilisé, est proportionnel au volume des racines développées par l’arbre en une saison, ou plus simplement au volume du feuillage. Il est évident que nous ne pourrions cultiver un gros arbre dans une petite poterie.
Dans le cas de la culture du bonsaï, cette nuance est très importante. Effectivement, le choix d’un petit volume de terre est totalement lié à l’art du bonsaï. On ne cultivera pas un bonsaï dans une grande jarre, sauf pour des arbres de jardin dits en nuages.

Généralités :

Le froid n’est pas un ennemi. Il est même un facteur essentiel de la bonne croissance de nos arbres.
De plus, c’est un élément naturel pour la protection des végétaux. Le froid tue beaucoup d’insectes nuisibles à nos chers bonsaï. Il est donc bénéfique.
Pendant cette période, les arbres sont en ‘dormance’. A l’exception de l’arrosage. Il faudra veiller à limiter les propagations de mousses sur les racines et les bases de tronc. Il serait aussi souhaitable de ‘biner’ la surface de votre sol en novembre et en février. L’eau passera d’une manière plus homogène dans la motte.
Enlevez les herbes indésirables, mais aussi les pierres ou autres décorations.
Profitez de cette période pour pulvériser une huile insecticide à base de paraffine et de malhation. Vous trouverez ce produit en jardinerie sous le nom de traitement d’hiver ou même d’anti-cochenilles. Suivez la posologie indiquée sur la boîte. Vous limiterez ainsi le développement de larves à la fin de l’hiver. Les caduques comme les persistants devront être traités.
Il n’y a pas de travail particulier à faire sur les arbres, mais profitez de cette période pour ligaturer (en fin février/mars) les branches, sans pour autant donner une forme.
Le rempotage sera une étape de fin d’hiver et de début de printemps.

Dans tous les cas il est formellement déconseillé de rentrer son arbre à l’intérieur pendant l’hiver. Vous le ‘suicideriez’ systématiquement.

Le givre est un facteur dont on parle peu car rare. Il n’est pas à exclure de retrouver un matin une magnifique pellicule de givre sur les arbres… Alors sortez vos appareils photos, faites deux ou trois clichés et cassez vite cette glace qui recouvre les branches de nos petits bonsaïs ! Le poids de la glace est ce qu’il y a de pire surtout sur les conifères. Pas autant le froid sauf si les bourgeons des arbres fruitiers ont activement démarré !

La neige n’est pas un ennemi. Elle peut être un allié, surtout si la température descend en dessous de –8°c.
De toute façon, il est peu conseillé de laisser les arbres trop longtemps sous la neige… Ce n’est pas parce que les japonais le font qu’il faut le faire ? En réalité, la neige est un écran thermique (pensez aux igloo !). Très bien pour la température.
Par contre la neige est plus ou moins dense et de plus si il gèle après quelques flocons. Il y a un risque certain d’abîmer les branches surtout pour les persistants et caduques. Secouez les branches des bonsaïs pour faire tomber la neige.

La grêle est le pire ennemi de nos arbres. Un arbre grêlé peut mourir vite, chocs sur le bois, amplitude de température sur la motte violente par le froid de la glace dégelant, nid à maladies… A protéger par tous les moyens.

En France, nous avons différents climats. Nous pouvons différencier la zone au nord de la Loire et la zone au Sud de la Loire.

La zone Sud :

Les hivers sont généralement doux. Évidemment, quelques températures négatives ainsi que de la neige peuvent être remarquées. Cela reste des extrêmes.
Autant la majorité des espèces de climats tempérés subira dans de bonnes conditions l’hivernage, autant, il faudra porter une attention particulière à la sécheresse. Il est fréquent de constater que des arbres ne redémarrent pas au printemps. Il sont rarement morts de froid, mais très souvent d’un manque d’eau à l’issue d’un coup de froid.
Dans cette zone, il faudra protéger votre arbre essentiellement du vent. De plus veillez à maintenir la motte légèrement humide. Fuyez les idées reçues que les arbres se suffisent à eux même en hiver. C’est faux ! Nous sommes ici dans une culture hors sol, alors prenez soin de limiter les extrêmes. Protégez votre motte dans un premier temps et le feuillage ou la ramification dans un second temps si le froid persiste ou si la température descend en dessous de –5°c.

Dans cette zone, il n’y a pas lieu de prévoir une protection draconienne. Respectez l’eau et attention au vent.

Dans la zone Nord de la Loire :

Le principe est toujours le même :
Veillez à ne pas trop exposer l’arbre au vent, pas de gel violent et toujours un peu d’eau dans la motte.

Mais !
Paradoxalement, nos mottes, si elles sont grosses, peuvent rester humides longtemps. Si celle-ci ne sèche pas, la pluie fréquente en est la cause. Alors posez votre pot en biais sur une cale. La goutte d’eau de forte pluie s’éclatera et ruissellera sur l’extérieur du pot et non pas dans la motte. Attention : technique à ne pas faire en permanence.

Nos hivers ne sont pas particulièrement froids à l’exception de l’est de la France. Mais la meilleure solution est d’enterrer ses bonsaï. Vous prenez un récipient profond, une caisse à poisson en polystyrène est parfaite si vous avez un ou deux bonsaï. Vous faites des trous gros comme une pièce de 2€ au fond de la caisse. Vous prenez un sac de terre (la moins chère !) que vous versez dans la caisse . Enterrez vos arbres avec le pot en vérifiant bien que la motte de votre bonsaï est humide. Vous devez avoir au moins 5/7 cm de terre au dessus et au moins autant au dessus de la motte. Vos arbres ainsi protégés, les racines résisteront à de petits froids de –5 ou –8°c.
Il suffit d’assurer un peu d’eau pendant l’hiver. Simple !
Nota : découvrez la terre en surface dès les beaux jours au printemps. Cela évitera de nouvelles maladies.

Pour les régions du NORD / EST, le froid est ‘mordant’, souvent froid et sec. La meilleure des solutions est une petite serre hors gel, une Orangeraie ou encore, à défaut, une pièce froide (pas fraîche !) avec un peu de lumière. Dès le radoucissement, sortez vos arbres à l’extérieur ou ventilez le lieu d’hivernage pour éviter ce que l’on appelle dans le jargon les ‘pécoles’ ; c’est-à-dire les maladies et parasites que nous fuyons.

La meilleure méthode de protection hivernale consiste à enterrer son bonsaï, soit dans dans une caisse comme expliqué ci-avant, soit en pleine terre. La protection en pleine terre pour ceux et celles qui ont un jardin est très simple : choisir un endroit plutôt au sud, bien protéger du vent d’ouest (froid). Enterrez votre arbre de la même façon qu’en caisse. Simplement rajoutez des feuilles mortes au pied de l’arbre sur la terre.

L’achat d’une petite serre pour le jardin, voire en plastique pour les terrasses et balcons, s’avère un bon investissement. Pas de gros risque de froid, et celui-ci ne tombe pas directement sur le feuillage. On peut chauffer l’intérieur avec un petit convecteur d’appoint si la température vient à descendre en dessous de – 8°c. Pas besoin d’enterrer ses arbres, donc on peut continuer à les regarder ou à les travailler.
Le seul désavantage d’une serre est de ne pas oublier de ventiler fréquemment, car vous aurez très vite une mauvaise surprise avec le développement de moisissures sur la terre et les arbres ainsi que la prolifération d’insectes et de maladies.

Techniquement, une serre doit être un endroit hermétique où l’on améliore le caractère ambiant du climat naturel. Autant de facteurs à gérer : lumière, hygrométrie, température, mouvement de l’air, dosage en gaz carbonique… Son orientation doit toujours être Est-Ouest pour avoir la plus grande quantité de lumière en hiver.
La surface vitrée est importante, quels que soient les matériaux utilisés, seuls 80 % de la lumière qui pénètrent dans la serre sont utiles au végétal. Favorisez donc de grandes surfaces à de petits carreaux.
Une grande surface engendrera une chaleur due aux radiations du soleil.
L’aération est importante, toujours prévoir des lucarnes de toit et latérales.

Les abris dits tunnels, pratiques dans le sud de la France pour protéger du froid mais aussi du soleil, sont recommandés pour ceux qui ont une collection de bonsaï en cours de création. C’est une protection peu coûteuse et néanmoins efficace pour nos régions. Attention, le plastique est un conducteur de froid. Ne laissez jamais un arbre toucher les parois, il pourrait en mourir. Commander toujours des bâches armées qui résisteront à la grêle. La durée de vie des bâches est de 5 ans en moyenne. Attention, les tunnels ne comportent pas de lucarnes d’aération, seules les portes permettent le passage de l’air. Commander toujours de grandes portes. Des deux formes conventionnelles, en demi-lune ou de type pied droit, c’est la seconde la plus efficace.

Les abris en verre et sous châssis sont une bonne méthode. Effectivement, autant on utilise ce type d’outils pour la culture et le forçage de condimentaire ou autre, autant l’hiver, ils sont souvent inutiles. Alors profitez-en pour y protéger vos arbres. Attention, aérez souvent, et paillez le dessus du châssis en cas de froid intense.

L’Orangerie est un bon compromis, nos anciens l’avaient compris (tous nos châteaux ont une orangerie).
Seul problème : juste le manque de lumière, mais on fait souvent avec… ou plutôt sans !

Les abris de jardin ne sont pas conseillés. Sauf s’ils ont des lucarnes ou une grande vitre. N’y rentrer les arbres qu’en cas de gel violent ou prolongé.

Il existe d’autres méthodes, de plus, chacun adaptera la méthode à son environnement. Une règle d’or tout de même : ne bricolez pas, restez jardinier…

Des méthodes de protections, la meilleure reste la prévention.

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